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sept 27 2010

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VISA POUR L’IMAGE septembre 2010 PERPIGAN

Evelyne Torregrossa a écrit:

A Perpignan, le 22eme Festival International de photojournalisme, Visa pour l’Image, maintient le cap, comme le précise, Jean – François Leroy :
« … présenter le meilleur de la production, découvrir les talents de demain, et faire redécouvrir les plus grands photographes du monde. Nous nous y attelons. Toujours avec le même enthousiasme et la même passion ».
Et la passion et l’enthousiasme sont au rendez-vous pour une ville qui participe pleinement à ce festival.
Que ce soit dans la rue,les grands formats accrochés d’un quai à l’autre au dessus du canal, les photographies exposées dans les vitrines des magasins, les propositions diverses de déposer ses photos sur des tapis rouges installés au sol,une autre manière de participer à ce festival , le « off » de la rue, rejoint le très officiel « in » du Couvent des minimes, du Palais des Corts ou de l’Arsenal des Carmes entre autres.
A Perpignan, la magie de l’image opère en instantané. Que ce soit, « le Grand Séquoia »,grand arbre, exposé en hauteur maxi, de Michael Nicols, ou les magnifiques photographies de Danielle et Olivier Föllmi légendées « Sagesse de l’humanité » qui allient images et réflexions ( « Elargir la perspective, impose d’œuvrer en commun avec les autres », le XIVe Dalaï Lama ), ou bien encore « Urban Cave » de Andrea Star Reese, qui photographie avec respect et pudeur des hommes et des femmes qui au fond d’une impasse ou sous un pont, le long d’un tunnel ferroviaire, tentent de garder leur dignité et leur humanité dans des conditions de vie plus que précaire.
C’est beau pourrait – on oser dire, car il y a dans ces images – là une forme de considération, de tendresse même, quelque chose qui bien que rude n’est pas agressif.
Bien sûr, les images sont parfois violentes, insoutenables presque, mais le cadrage, la manière de travailler la couleur, Corentin Fohlen, qui a obtenu le prix du Jeune Reporter pour son travail sur Haïti / Bangkok, « De l’horreur à la Révolte », l’a exploité avec ses « rouges » somptueux dans cette intention de montrer la détermination des « chemises rouges » à résister à l’avancée des chars, ces images – là, on ne se lasse pas de les regarder,pris dans l’émotion, car le désir de vivre les traverse, malgré la violence et la mort omni présentes.
On peut évoquer également, « L’or noir de Tchernobyl », de Guillaume Herbaut, qui expose un travail sur le trafic du matériel radio actif sur le site de Tchernobyl et alentour,
(dans les cimetières d’engins militaires, dans les maisons…) tout est démantelé, pillé y compris, les radiateurs,les tuyaux de canalisations…, par des hommes vivant dans le dénuement et la survie, et ce pour quelques sous.

Autant d’images, autant de témoignages, « Eloi, Enfant Bulle », de Hubert Fanthome, « La Polygamie aux Etats Unis»,de Stéphanie Sinclair qui a obtenu le Visa d’Or de la Presse Magazine, « le Séisme en Haïti », de Damon Winter,Visa d’Or, Catégories News, premier journaliste à avoir été sur place et qui nous fait partager des images de désolation, ou bien encore Stéphen Dupont, « Génération AK. L’Afghanistan ou la liberté à l’épreuve 1993- 2008 » qui « dépeint la condition humaine dans une société afghane en constante évolution et en prise avec la guerre ».
Autant d’images, autant de courage et de détermination, de la part des photographes, pour nous rapporter, parfois au péril de leur vie,des témoignages sur les conflits, la pauvreté l’ injustice, et nous informer, nous faire prendre conscience de ce qui se passe ailleurs et pas toujours si loin de chez nous.

En complément des expositions dans les différents lieux de la ville, tous magnifiques, il y a les soirées avec les projections.
Que se soit place de la république, où quelques d’entre nous ont « essayé » le dallage un peu dur, mais dans la bonne humeur, c’est un peu la fête et la nuit catalane est douce, ou à Campo Santo, assis parmi les accrédités,( on a eu de la chance après 15 minutes d’attente à la catalane, de pénétrer dans le LIEU ! ), les projections nous en mettent plein les yeux, et la musique qui accompagne le flot d’images est vraiment très bonne : c’est intéressant et magnifique.
Les projections démarrent toujours par une chronologie retraçant les 2 mois d’actualité de l’année écoulée, puis des reportages, faits divers, faits d’actualité, sujets de sociétés, images superbes de prisonniers hommes en Afrique, du noir et blanc, beau et dense et on en oublierait presque, leur quotidien, difficile, douloureux, misérable.
Quelque soit le sujet, on perçoit chez les photographes, cette intention de capter l’humain.
Et bien sûr, les « rétros » et cela fait toujours plaisir, comme une trace de l’histoire qui nous relie aux grands évènements.
Et enfin, il y a la remise des prix, Visa d’Or, Prix Canon de la Femme journaliste pour Martina Bacigalupo,pour son reportage sur les femmes victimes de la guerre en Ouganda, et cela fait aussi plaisir de voir et d’entendre tous ces lauréats dire leur émotion, leur passion,leur envie de nous faire partager ces images, comme autant de témoignages.
A Perpignan, 3 jours,ça file vite, mais restent les images des expositions,des projections, des moments de partage avec les copains, et quelques clic-clac, sans oublier le goût des moules et des gambas à la plancha et la crème catalane !
Et puis, the last, petite virée à Collioure, pour quelques clic- clac, évidemment et… le Banyuls.

Adeu

Evelyne Torregrossa

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