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déc 07 2010

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Découverte cathodique fortuite : SAUL LEITER

SAUL LEITER, le magicien-ambianceur!

Encore un dimanche d’hiver, semblable à beaucoup d’autres, où le climat peu avenant vous crie de rester pelotonné sous une couette! La grisaille du ciel rend le temps interminable, les minutes s’étiolent avec la lenteur des heures… Presque machinalement, je zappe de chaîne en chaîne à la recherche d’un programme digne d’intérêt à la télé. Soudain, mon doigt reste en suspension et mon regard s’attarde. C’est la petite étincelle qui transforme une journée monotone en une jolie découverte. La chaîne : Arte, évidemment. Le reportage : L’art et la manière, Saul LEITER, photographe. L’artiste est Américain, né en 1923 à Pittsburgh, il est aujourd’hui connu pour ses photos dites de rue et notamment celles de New York.

Je suis irrémédiablement fascinée par la beauté énigmatique qui émane de ces photos. Le grain est plutôt gros, le noir & blanc profond, les couleurs sublimes, quasi irréelles. Les rouges sont indescriptibles, on en viendrait à croire qu’il s’agit de peintures, d’ailleurs l’ambiance de certaines images m’évoque les oeuvres d’ Edward Hopper. Les cadrages se construisent avec audace, parfois entravés par de larges plages sombres, ils produisent l’effet d’instantanés pris à la sauvette : depuis une voiture, d’un encadrement de porte, d’une vitrine embuée ou d’une fenêtre de bistrot. Saul Leiter se plaît en effet à cultiver un goût pour la discrétion, l’effacement de sa propre personne se met au service des sujets photographiés. Il a un talent inné pour se rendre invisible ou peut-être est ce tout simplement de la timidité? Le rendu en est pas moins magique, bien au contraire. L’humain demeure bien souvent le sujet principal de ses compositions, cependant, celui-ci devient silhouette éthérée ou ombre solitaire perdue au milieu de décors glacés. Il s’avère même difficile de croiser un regard franc et direct. Le photographe s’amuse avec les flous, les reflets,  les contours gommés, incitant ainsi le spectateur à participer à une sorte de cache-cache urbain. Bien que l’évocation de la “Grosse Pomme” suggère la jungle des grandes cités, les clichés qu’il livre, décrivent le contraire : un univers poètique et silencieux, comme hors du temps.

Dès les années 40, Leiter arpenta les rues de New York, une ville dont il fera son terrain de chasse favori. En parallèle, il gagna sa vie grâce à la photographie de mode (Vogue, Life…), mais son travail le plus personnel sur les rues New Yorkaises restera méconnu du grand public pendant 25 ans et il  ne sera redécouvert que dans les années 90!  Un être donc d’une précieuse rareté qui n’a jamais recherché ni la gloire, ni la renommée…

*Aurore*

Quelques infos supplémentaires : http://www.henricartierbresson.org/infos/ressources/dossierdepressesaulleiter.pdf

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7 Commentaires

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  1. avatar
    Sebastien

    en effet ces photos donnent l’impression de venir d’un autre monde…
    j’aime beaucoup !

    merci.

  2. avatar
    Aurore

    Merci pour le com ;)
    J’avais vraiment envie de partager ce coup de coeur!

  3. avatar
    michel

    Il existe un beau photo poche – Actes Sud sur Saul Leiter dont l’introduction commence par “L’élégance de Saul Leiter” ….
    Vous pouvez y aller voir

  4. avatar
    Aurore

    Merci pour l’info Michel, je l’ai cherché cet aprem chez Goulard, mais je ne l’ai pas trouvé. Par contre, je vais poursuivre mes recherches!

  5. avatar
    Claude

    J'aime ,

    Ben ya plus qu'a nous faire une présentation de Saul Leiter en réunion mensuelle

    Aurore ?

  6. avatar
    karine

    De la poésie urbaine…magnifique. Merci d'avoir fait partager.

     

  7. avatar
    Aurore

    Merci Karine pour ton com :) Les poètes sont de plus en plus rares de nos jours… Encore un de moins.

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