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fév 15 2015

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Le Fabuleux Destin de VIVIAN MAIER

 

L'évocation de son nom est à lui seul nimbé de mystère… Mais qui est donc Vivian Maier, cette étrange photographe totalement inconnue, exhumée de l'anonymat par un heureux hasard? Son incroyable histoire passionne les foules et a d'ailleurs fait le tour du Web à plusieurs reprises. Le cas Maier est unique. Il tient déjà du mythe, puisque cette dernière est aujourd'hui comparée aux plus grands noms de la photographie, tels que Diane Arbus, Lisette Model, Helen Levitt ou Willy Ronis.

Mystère, énigme, fascination, Mary Poppins de la photo, sont des mots qui reviennent souvent lorsque l'on effectue quelques recherches autour du personnage. Toute cette curieuse affaire débute au moment où John Maloof acquiert pour 400$ un lot de cartons contenant d'anciennes pellicules dans une vente aux enchères de Chicago. Il pense alors documenter un livre sur le quartier de Portage Park qu'il comptait écrire. Mais il s'agit de bien tout autre chose qui va lui tomber entre les mains, un véritable trésor, le travail de toute une vie:  30 000 négatifs et quelques tirages datant des années 50 et 60. A ce moment précis, john Maloof ne réalise pas encore la valeur de ce qu'il détient, ce n'est que plus tard qu'il prendra conscience de l'aspect exceptionnel de son acquisition. A la manière d'un Sherlock Holmes des temps modernes, il va remonter peu à peu le fil de cette existence et tenter d'en reconstituer patiemment le puzzle, morceau après morceau. Il finit par retrouver le nom de cette talentueuse anonyme en 2009, mais hélas trop tard, car elle vient de décéder. L'enquête se poursuit, il rassemble de précieuses informations: documents écrits, témoignages, vidéos, enregistrements audios…

Vivian est née en 1926 d'un père américain d'origine autrichienne et d'une mère française (cocorico!). Lorsque ses parents divorcent, elle va vivre avec sa mère et une amie de celle-ci (photographe!) à New York, puis toutes les trois partent s'installer en France dans la vallée du Champsaur pendant plusieurs années. Elles reviendront ensuite à New York en 1938. C'est à partir de 1951 que Vivian devient nurse et le restera jusqu'à la fin de sa vie. En 1956, elle s'établit auprès d'une famille à Chicago.

Authentique solitaire dans l'âme, elle semble avoir fait de son Rolleiflex son plus fidèle compagnon. On l'imagine aisément arpenter les rues bruyantes et animées, l'appareil vissé contre sa poitrine, furetant, à la recherche de scènes inédites. Son univers quotidien est intimement lié à celui des enfants et ceux-ci tiennent une place prépondérante dans son travail photographique. Les petits minois espiègles impriment les pellicules sans jamais lasser la photographe. Elle sait capter les regards francs, les infimes bonheurs ou les gros chagrins de l'enfance. Un age d'or qui attire son objectif comme un aimant. Des jeux naïfs qui feront forcément écho: par ici, un nez écrasé contre une vitre, des bâtons tournoyant dans les airs, un pneu qui roule; Par là, une bouche d'incendie en guise de douche, un secret chuchoté à l'oreille, un vélo renversé ou une poussette abandonnée… Telle est la petite mélodie de l'enfance, jouée avec brio par Miss Maier.

Elle sonde l'âme humaine au travers de portraits frappants, dont les visages poursuivront encore longtemps celui qui les contemple. Elle confronte avec la même audace, les gueules fracassées des sans-abris aux regards offusqués des vieilles dames en perle et fourrure. C'est un monde réaliste que nous donne à voir cette fine observatrice de la vie urbaine ordinaire. Un monde sans complaisance aussi, où les plus démunis volent la vedette aux jeunes élégantes en robe de bal. Toute la comédie humaine se joue sous nos yeux : vieillards, mendiants, clowns, starlettes, amoureux, bambins, ouvriers, voyageurs, rêveurs, tous réunis dans l'univers pittoresque de cette nanny hors norme. Elle dispose aussi d'un talent certain pour repérer les situations incongrues dont elle tire des compositions parfaites. Les cadrages se font parfois très serrés, recentrés sur les pieds ou les mains, laissant au spectateur le loisir d'imaginer à qui ils appartiennent !

Et que dire de ses multiples autoportraits ? Que dire du cliché de sa propre ombre dans laquelle une feuille morte remplace son cœur ? Il y aurait encore tant à dire sur le sujet… Les interrogations se bousculent. Qui était-elle vraiment ? Pourquoi n'a t-elle jamais souhaité montrer ses photos ? Est-il judicieux d'aller à l'encontre de sa volonté ? Comment aurait-elle sélectionné ses photos si elle avait choisi de les présenter au public… Nul ne le sait, mais de manière indéniable, on peut affirmer que cette femme cultivait une passion sincère pour la photographie. Vivian Maier laisse à titre posthume une œuvre colossale et profondément humaniste. Elle mérite amplement sa place au panthéon des grands maîtres de la photographie.

 

 

POUR EN SAVOIR + :

 

 

 

 

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